Escargae

Escargae, la cité lacustre.

Dans les eaux calmes du lac Rivelonde, les tours d’Escargae se miraient paresseusement. La cité nordique était la dernière avant les monts Grizards, encore loin au nord, qui marquaient la frontière avec les plaines et les forêts boréales. Elle était bien solitaire sur son lac, à l’ouest la grande forêt de Brandelune et à l’est les steppes. C’est vers le sud, en suivant le cours de la Rivelonde qu’on rencontrait la civilisation, Glénor l’antique capitale impériale, Naponne, son port sur la mer violette, les autres royaumes…

La cité du lac était censée être la capitale des comtés du nord, mais de ces derniers il ne restait pas grand-chose. Il y avait bien longtemps que l’empire Glénorien s’était éteint. Le comté des brumes n’avait plus de seigneur depuis des années, et d’ailleurs les derniers en titres étaient des barons, on disait la baronnie à l’époque. La marche de l’est avait été désertée, incapable de résister aux attaques mingoles. Il ne restait pour ainsi dire que le comté d’Escargae : la cité et les terres avoisinant le lac. Quelques villages de paysans, de pêcheurs, de bucherons ou de chasseurs qui nourrissaient la cité.

Elle était prospère, elle vivait du commerce, les trappeurs y amenaient peaux et gibiers, tant de la grande forêt de Brandelune que des monts Grizards. Les nains des royaumes montagnards vendaient leurs armes, leurs bijoux, leurs métaux, leurs pierres, et étaient friands de tout ce qui pouvait provenir de Glénor et des royaumes du sud, tout comme le roi sylvestre, le roi des elfes, enfermé dans son royaume féérique de Brandelune. Avec les Mingols, le commerce était interdit, ce qui permettait à des gens comme Rodar de faire de juteux trafics !

Escargae avait d’abord été bâtie sur des îles, la première avait été nommée l’Escargot, c’était le nom initial de la cité. Cette île rocheuse était semblable à une immense dent de dragon tout droit sortie du lac. On y avait construit les premières maisons dessus, avec des rues en colimaçon jusqu’à son sommet qui avait été réservé pour les temples : le temple du ciel et celui du lac. Par la suite, l’île longue fut habitée et le château du comte y fut érigé. À cette époque, on construisit même des enceintes de pierre pour plus de sécurité. Mais la cité lacustre n’en était qu’au début de son ascension, et pour l’agrandir, on relia îles et ilots par des quartiers entiers sur pilotis et on construisit un pont jusqu’à la berge. Les divers quartiers furent nommés des quais, comme le quai des arts, le quai des contrebandiers ou le quai de l’île. Et lorsque la cité s’accrut encore, il fallut bien se résoudre à construire sur la rive. Ainsi naquit le dernier quartier, Escargae sur rive.

Les nombreuses maisons étaient en bois, aux toits pentus et couverts d’ardoises bleu sombre souvent décorées de motifs nordiques à base de dragons sculptés ou de thèmes géométriques entrelacés. Quelques bâtisses de pierre ou quelques tours se dressaient çà et là lorsqu’on avait pu construire des fondations solides. La cité était plutôt calme et propre ; Dagavia, le maître des lieux y veillait. Avec la « merdaille », un système de canalisations en tuyaux de cuivre passant sous le plancher de la ville associé à de grandes roues à eau, les nains avaient beaucoup contribué sur le sujet de la propreté. On pouvait maintenant puiser de l’eau du lac sous la ville sans risquer de mourir dans l’heure en la buvant !

Un net progrès. (L’ombre des loups)

Cliquer sur les cartes pour les agrandir (cartes réalisées par Eihn Wein)

carte02_04Escargae 

Les quartiers de la cité d’Escargae :

  • Le quai des arts : La partie la plus méridionale de la cité a été dédiée aux artistes et aux artisans de tous poils. On y trouve la célèbre guilde des ménestrels mais aussi la place de l’Ondana, le légendaire monstre lacustre, protecteur de la cité, et sa célèbre fontaine. C’est par ce quartier, érigé presqu’intégralement sur pilotis, que l’étranger pénètrera dans la ville. Il dispose de l’unique pont reliant Escargae à la rive, celui qui est gardé par le guet tenant ses quartiers dans sa fameuse cahute. Mais le quai des arts est également réputé pour son quai des soulards et ses fameuses auberges, dont la plus prestigieuse est la célèbre « Voda ».
  • La mercande : Ce quartier, ou quai, comme on dit à Escargae est le véritable poumon économique de la cité. Il est celui des marchands, petits et grands et des négociants. Les plus fortunés d’entre-deux y possèdent de riches demeures, parfois très anciennes, qui feraient pâlir d’envie bien des nobliaux. Au gré de ses rues bien entretenues, découvrez la place de la princesse nue, autre figure tutélaire de la cité, ou la grande guilde des marchands. Vous y croiserez de bons bourgeois, mais aussi toute la foule de citadins, plus modestes, qu’ils emploient pour faire avancer leurs affaires. Peut-être, même, rencontrerez-vous un des maîtres de guilde, ou mieux encore, un des loges de la cité : ceux qui siègent auprès de Dagavia, le maître d’Escargae.
  • Le quai des contrebandiers : Passé le Castelet, un des forts de la garde, on arrive sur le quai des contrebandiers. Il doit son nom à l’époque où le royaume de Bazad avait fermé ses frontières et où les contrebandiers, qui bravaient cette interdiction, étaient encouragés par le dirigeant de la ville. Aujourd’hui, c’est le quartier le plus malfamé de la cité. Les filles de joies, les voleurs et les détrousseurs y guettent leurs proies à tous les coins de rues. On y croise les déclassés, les parias ou ceux qui ont du sang de gobelin ou d’orc, car ces derniers sont interdits de cité. Parmi les bouges infâmes de ce quai, on peut citer la lune dans l’eau, fermement tenue par Bréaga et sa bande, située à l’extrémité nord de la ville. Ne trainez pas dans les ruelles du quai des contrebandiers à la nuit tombée, ses habitants n’aiment pas qu’on s’intéresse de trop près à leurs « affaires », et on y fait parfois de très mauvaises rencontres…
  • Le bas Escargae : Ce quai a été un des premiers construits après l’occupation des deux îles. Les gens qui y habitent sont en général bien moins fortunés que ceux qui résident dans l’escargot ou sur l’ile longue. On y trouve beaucoup de pêcheurs et de bateliers à cause de sa proximité avec le port. En conséquence, c’est un quartier plus populaire, aux ruelles malpropres, mais aussi aux auberges joyeuses. Il est réputé pour abriter la maison des nains, où bon nombre des ouvriers et ingénieurs nains de la cité résident. Ces derniers ont toujours été réticents à pleinement s’intégrer dans la ville.
  • Le quai de l’ile : Un peu plus huppés que le bas Escargae, les quais de l’île restent un quartier populaire. Sa proximité avec l’île longue en fait, cependant, une destination plus prisée. C’est là qu’est le cœur de la cité : le hall d’Escargae. C’est dans cette très grande bâtisse que le maître de la ville harangue les citadins ou leur offre des banquets, ce qui a beaucoup plus de succès. Diverses représentations, parfois religieuses, y sont également données. Ce que peu de monde sait, c’est que les archives de la cité y sont logées, sous les combles du bariment.
  • L’escargot : Ce quartier est entièrement bâti sur une île accidentée. Il doit son nom à ses ruelles en colimaçon qui montent jusqu’à son sommet central où sont érigés les temples d’Escargae. Les plus connus sont le temple du lac et le temple du ciel. Entièrement cerné par de hautes murailles, l’escargot correspond à la ville primitive. Ses habitants disposent tous de maisons de pierre, souvent très anciennes, dont certaines recèlent d’antiques secrets. Ils ont tendance à se considérer comme les seuls véritables Escargaïens.
  • L’île longue : La seconde île de la cité est celle où a été bâti le château des anciens comtes. C’est ici que réside Dagavia, le seigneur de la cité, et que sont regroupés les centres de pouvoir. La fouine, siège de la « police » de Dagavia, bien que le mot « police » ne soit pas tout à fait approprié, s’y tient sur la place du château. Ses ruelles pavées, bordées de belles bâtisses de pierre sont très prisées… et très chères aussi…
  • Escargae sur rive : La rive du lac, de l’autre côté du pont, est occupée depuis plus d’un siècle. Elle est essentiellement habitée par des gens pauvres, mais pas seulement : des pêcheurs, des escargotiers, des chasseurs, des forestiers, mais aussi des herboristes et des artisans de toutes sortes qui préfèrent bénéficier d’un peu d’espace plutôt que de s’entasser dans la ville. Ses petits chemins bordés de fleurs et ses jardinets aux murets de pierre, lui donnent des allures de village pittoresque. Mais il ne fait pas se laisser abuser par l’image. Si les champs viennent s’imbriquer jusqu’entre les maisons ou que les troupeaux viennent paitre jusque dans les rues, ses paysans n’en sont pas moins des gens trop souvent misérables. Heureusement, le Grofaillant, la partie de la forêt de Brandelune qui borde le quartier, n’est pas loin. Il est prodigue en gibier, en champignons, en fruits et en herbes médicinales. En loups aussi, les habitants d’Escargae sur rive ne l’oublient jamais…

 

 

 

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